Le groupe africain

Message du président

Les États membres de l’Assemblée générale des Nations Unies sont divisés en différents groupes géographiques. Ce sont les groupes à travers lesquels les élections sont menées dans divers organes et agences des Nations Unies.

L’Afrique dispose de 3 membres non permanents au Conseil de sécurité, 14 membres au Conseil économique et social, 13 membres au Conseil des droits de l’homme, ainsi que d'un Président de l’Assemblée générale les années 4 et 9.

 

Le Groupe africain aux Nations Unies est composé des 54 États membres de l’Union africaine aux Nations Unies. Le bloc coordonne ses efforts sur divers sujets, allant de la santé et de la migration aux questions de paix et de sécurité.

Le groupe se réunit régulièrement pour recevoir des briefings des invités et des fonctionnaires des Nations Unies et discuter des résolutions et des sujets de l'ONU afin de parvenir à une position africaine commune.

 

Le groupe est présidé par un ambassadeur d'un État membre, le poste étant en rotation tous les mois. La mission d’observation de l’Union africaine sert de secrétariat de coordination pour le groupe en organisant des réunions, en appuyant le président et, d’une manière générale, en fournissant une assistance logistique et administrative, le cas échéant.

 

 

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Mes Chers et distingués Frères et Sœurs du Groupe africain, alors que j'ai l'honneur de présider notre grand Groupe pour le mois de juillet 2021, j'ai jugé nécessaire de partager quelques réflexions avec vous aujourd'hui.

Vous conviendrez tous avec moi que notre cher continent, l'Afrique, est dans une transformation historique et qu'il aurait besoin du soutien continu de tous ses partenaires et amis, notamment de l'ONU. Et en tant que ses représentants à l'ONU, nous devons continuer à nous montrer à la hauteur en veillant constamment à ce que les priorités africaines ne soient pas seulement sur la table des discussions, mais que les résultats de ces discussions soient mis en œuvre de manière positive dans le meilleur intérêt de l'Afrique.

À l'approche de la 76e session de l'Assemblée générale, l'Afrique devrait élever davantage la voix, appeler à un financement adéquat pour les ODD, la disponibilité des vaccins, le financement de son rétablissement après la pandémie COVID-19, le renforcement institutionnel, le financement climatique, et relever le défi du financement du maintien de la paix, et de la paix et la sécurité en général.

De plus, étant donné que l'impact de la COVID-19 devrait continuer à mettre plusieurs des nôtres dans une pauvreté abjecte, appelant à des solutions multilatérales, l'équité concernant l'accès et la distribution des vaccins et des ressources substantielles pour d'autres priorités de développement devraient continuer à faire partie de notre campagne lors de la 76e Session. Nous devons également nous préparer de manière adéquate à faire entendre notre voix lors des réunions préparatoires du Sommet sur les systèmes alimentaires en septembre 2021 et de la cinquième Conférence des Nations Unies sur les PMA (LDC V) prévue en janvier 2022 à Doha, au Qatar.

À mon avis, l'Afrique ne demande pas grand-chose à l'organisation mondiale. Les revendications légitimes de l'Afrique ont été la correction des injustices historiques du passé, et l’accord à notre continent de sa juste part de l'espace socio-politico-économique et culturel mondial dont il a besoin. En effet, c'est le droit légitime de l'Afrique de demander sa juste part du développement mondial ainsi qu’une juste représentation dans les institutions mondiales.

À cet égard, nos tâches en tant que nobles représentants devraient être de continuer à demander l'avancement de ces demandes, en préservant la dignité africaine, la solidarité, la culture, les valeurs partagées et le plaidoyer continu pour l'alignement des politiques et programmes de développement mondiaux avec l'Agenda 2063 de l'Afrique.

En défendant ces questions, nous devons cependant toujours nous rappeler que nous ne pouvons réaliser nos objectifs et aspirations pour le continent et ses peuples sur la scène multilatérale qu'en faisant preuve d'unité à travers la préservation de la solidarité africaine.

Lorsque nous sommes unis dans nos fonctions et actions de représentation, nous le faisons pour défendre le continent et ses intérêts. Nous devenons les gardiens les uns des autres et collectivement, nous obtenons le meilleur pour notre peuple. En tant qu'ambassadeurs, nous devons toujours rester la voix de la conscience et poursuivre le combat.

À cet égard, alors que nous progressons dans cette Décennie d'action cruciale, il resterait essentiel pour nous de continuer à engager nos réflexions sur les questions : que pouvons-nous faire pour faire taire les armes en Afrique ? Que pouvons-nous faire pour maintenir notre paix ? Que pouvons-nous faire pour assurer un financement durable et prévisible pour les initiatives dirigées par les Africains, en particulier dans les domaines du maintien de la paix, de l'autonomisation des femmes et des jeunes, du changement climatique, de la réduction de la pauvreté, de la recherche, du relèvement inclusif du COVID-19 et du financement du développement ? Et enfin, que pouvons-nous faire pour rendre l'ONU et ses organes adaptés au monde d'aujourd'hui et répondre aux attentes de notre continent et de ses peuples ?

Lorsqu'il s'agit d'appeler à la responsabilité, à la justice et à l'égalité de traitement, à une représentation géographique égale et équitable, aux élections et aux processus IGN, il est crucial que l'Afrique parle toujours d'une seule voix et veille à ce que notre concentration sur les réformes adopte une approche globale qui englobe les réformes de tous les organes, fonctions et, plus important encore, le pilier du développement du système des Nations Unies. Et aussi, c'est à ce moment-là que la solidarité et la fraternité africaines ainsi que notre coopération élargie et pionnière avec la CARICOM devraient avoir le plus d'importance.

Les problèmes auxquels l'Afrique est confrontée sont enracinés dans les dures réalités de son passé sur lesquelles il est désagréable de s’attarder et très difficiles à comprendre, mais plutôt que de nous en détourner, la situation devrait nous encourager en tant qu'Africains à préconiser une correction de cap. L'Afrique et les Africains ont ce qu'il faut pour construire l'Afrique que nous voulons et la postérité ne nous jugerait pas positivement si nous ne parvenions pas à prendre en charge notre propre récit pour préserver et promouvoir le meilleur intérêt du continent et de ses habitants.

Mes chers collègues, continuons d'agir ensemble pour assurer la préservation de l'unité africaine, de la solidarité, de la voix, de la culture et du patrimoine.

Dans l'attente de travailler en étroite collaboration avec vous tous au cours du mois de juillet, je saisis cette occasion pour vous souhaiter par avance un bon mois de juillet et une 76e session réussie.

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S.E. M. Lang Yabou

Ambassadeur, Représentant permanent de la Gambie auprès de l'Organisation des Nations unies

Président du groupe africain des Représentants permanents aux Nations unies pour le mois de juillet 2021